Quelles Bandes Dessinées lire pour 😱😱😱 pendant le COVID-19 ?

Les restrictions du COVID ayant réduit mes activités culturelles et sociales quasiment à néant, j’ai commencé de relire mes vieux livres, BDs, mangas et comics, histoire de pas passer mon temps libre devant un écran.

Et là, je me suis aperçu que, déjà, j’ai beaucoup trop de trucs post-apocalyptiques morbides dans ma collection, mais aussi qu’une bonne partie d’entre eux ont choisir comme “déclencheur apocalyptique”, un virus.

J’ai trouvé ça follement d’actualité, mais ça m’as aussi amusé de voir que ces scénarios-catastrophes ont été traités avec énormément de justesse et de réalisme.

J’ai donc envie de vous présenter et vous donner mon avis sur 3 BDs de styles différents (francobelge, manga, comics) qui ont pour thème principal la pandémie mondiale et le monde d’après.


BD francobelge : Zombies (Éditions Soleil, en cours)

 

Ah, vous m’avez vu venir avec mes gros sabots, hein. Comment parler de pandémie sans parler de zombis.

Mais vous vous attendiez sûrement à ce que je parle de The Walking Dead. Pour être franc, j’en ai lu trop peu (et il y a trop de volumes) pour que je puisse vous en parler, mais par contre, la série de Peru et Cholet n’a pas vraiment pas à rougir, ni même a s’y comparer car l’approche n’est pas la même.

Centré sur un moyen de survie peu développé dans les histoires de zombis, la série se focalise énormément sur les enfants (rhoo, on avait dit “pas les enfants”) avec des personnages vraiment charismatiques, des dessins et des teintes sublimes, des cadrages dynamiques et des dialogues et répliques qui sonnent vrais, puis surtout une bonne alchimie entre moments chocs, violents ou drôles (une composante absente de TWD, d’ailleurs).

une planche de Zombies T1

Ça ne révolutionne pas le genre, mais l’exécution est parfaite. J’ai eu comme tout le monde une overdose de zombis, mais pourtant je relis régulièrement cette BD avec plaisir, car cela va bien plus loin.

Les albums, tous scénarisés par Peru :
– Tome 1 à 3 : Premier cycle, dessiné par Cholet
– Tome 0 : (un retour sur le passé d’un personne du premier cycle), par un autre dessinateur tout aussi bon.
– Tome 4 à 6 : Second cycle, dessiné par Cholet. Le tome 5 est enfin en cours de réalisation, après une énooorme pause.
– “Zombies Néchrologies”, une série spin-off en 6 tomes sur l’avant-épidémie. Toujours scénarisé par Peru, mais avec une histoire, des personnages, et un dessinateur différents pour chaque tome, elle n’est pas indispensable.

 

Comics : Le Fléau (Éditions Delcourt, terminé)

 

Une adaptation en 12 albums du très long roman “Le Fléau” (The Stand, en VO), qui est un des premiers Roman de Stephen King  (et pour moi, un des meilleurs, avec roman de Stephen King Tour Sombre et Dead Zone), mêlant post-apo et fantastique.

Le matériel de base est très bon, tout en étant classique sans sa construction ; mais il est évident qu’avec ses 1000+ pages, il fallait tailler sévère au montage, sans pour autant rendre l’histoire insipide ou incompréhensible.

Un sacré challenge donc, qui a été réussi haut la main, avec une narration, des cadrages, dessins et encrages vraiment réussis (beaucoup mieux que ceux de La Tour Sombre, par exemple). J’ai vu peu de bandes dessinées aussi agréables a l’oeil.

L’histoire commence par les toutes-premières infections humaines de “Captain Tripps”, un virus très létal au départ pas vraiment pris au sérieux pour sa similitude avec une simple grippe (tiens, tiens).

Pourtant, quelques personnes en sont immunisés. Une fois la population des USA réduite à 0,01% (et le reste du monde ? Il n’y a pas de reste du monde chez Stephen King), les survivants, la plupart des individus lambda, vont devoir s’adapter pour survivre et finissent par s’organiser en ceux camps, les gentils et les méchants, avec comme leader d’un coté, un grand-mère, et de l’autre Randall Flagg, le “evil big boss” récurrent de Stephen King, pour évidemment se foutre sur la gueule (ça reste des humains hein).

C’est évidemment très manichéen, le surnaturel est très judéo-chrétien aussi, mais il faut prendre en compte que c’est une histoire d’une autre époque, ça a son charme et ça reste divertissant même pour nos standards actuels. La démonstration de comment une seule personne arrive a contaminer les USA en seulement quelques jours est très amusante car totalement identique avec ce qu’on a vécu il y a quelques mois. J’aimerais d’ailleurs avec le point de vue du King sur le sujet.

Le Fléau - les gestes-barrieres
Et voilà, on ne respecte pas les gestes barrières et 2 pages après on s’étonne de mourir !

 

Manga : Eden – It’s a Endless World! (Panini Generation Comics, terminé)

 

C’est un de mes mangas préférés (et pourtant, j’en ai limé un paquet, fut une période), et pourtant il est très clivant (on adore ou on déteste), sûrement du fait qu’il ne suit pas les conventions du manga.
Il a donc de quoi perturber les habitués de ce média très codifié, qui, au bout de quelques chapitres de lecture, complètement déboussolés et bottés en dehors de leur zone de confort, auraient (il paraîtrait) très vite un crise d’anxiété, serait pris de convulsions, tremblements et sueurs froides, murmurant en boucle la même seule question :  “Mais… où va l’histoire ?”

L’histoire n’est qu’un prétexte pour l’auteur a abordé les thèmes qui lui tiennent à coeur, en fait. Le mangaka signe là une de ses premières Å“uvres, donc forcément très personnelle, dont le but premier n’était pas le succès commercial mais d’y exposer ses tripes.

Le mangaka donne donc un cadre, un virus pandémique qui transforme progressivement les infectés en poupée de porcelaine tandis que leurs organes se liquéfient (je vous laisse imaginer par ou ça sort, et combien ça être désagréable).
Mais ce n’est qu’un cadre, l’ensemble est un bac  à sable dans lequel l’auteur va y raconter des tranches de vies de plusieurs personnages à travers différentes périodes temporelles. Mais toutes les trames narratives finissent par se mêler entre elles, et les intrigues et enjeux se complexifient au fil des chapitres.

Ducoup, entre chaque ellipse, le monde évolue ; le virus, dont la forme finale sera appelé le “Cloïd” (vous noterez au passage la similarité phonétique avec le Covid) mais aussi la société, et l’ambiance post-apo passe au cyberpunk, puis presque au quasi-mysticisme. C’est un des manga les moins manichéen que je connaisse, un des moins japano-centré, et un des plus réaliste aussi.
L’auteur y aborde de nombreux sujets très sensibles, de manière direct : la mort, la prostitution, la pédophilie, le sexe, le viol, l’homosexualité, les conflits raciaux, la pègre, la drogue, l’addiction, la corruption, la politique, la dictature, le transhumanisme, les guerres, les nettoyages ethniques, les persécutions religieuses, le terrorisme… Et dans un tout ça dans un monde futuriste très très proche de notre réalité actuelle.

L’auteur arrive pourtant a éviter le piège de basculer dans le trash, mais pousse ses personnages (et lecteurs) à la réflexion philosophique, sociétale et théologique (les références religieuses sont omniprésentes).
Et là dedans, l’auteur arrive a trouver un bon équilibre entre développement des personnages, drames, combats tactiques, gore, réflexions philosophiques et parfois des explications scientifiques assez poussées !

Autant dire que ses 18 tankoÌ‚bons sont très denses et ne le lisent pas au même rythme qu’un shonen, d’autant plus que l’auteur ne prends pas ses lecteurs par la main et n’explique pas forcément tout ce qu’il s’est passé entre les ellipses temporelles.

L’auteur assure aussi sur les dessins, avec un style est plutôt réaliste, géométrique et épuré.
Les scènes d’actions sont très dynamiques et lisibles, et on a droit a des vignettes avec des décors vraiment détaillés. Dommage que souvent les phases de dialogues se résument a des petites cases avec la tête d’un personnage et un fond blanc.

En résumé, c’est pour moi un chef d’œuvre peu accessible et incompris, un peu anarchique, maladroit et décousu parfois, qui s’adresse a un public complètement mature, et qui n’a donc pas eu le succès mérité au moment de sa publication, en résultant une fin un peu trop précipitée et un donc décevante (comme souvent dans les mangas).
Mais il suffit de voir a quel prix s’arrachent maintenant en occaz’ les tankoÌ‚bons en langues américaines, françaises ou espagnoles pour comprendre que son principal problème, c’était d’avoir été trop en avance sur son temps.une page, en anglais

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